Allergies

Dr Philippe Auriol

 

   Index | Maladies Allergiques | Bases immunologiques | Liens

 
Fiche pratique, la désensibilisation

 

La désensibilisation, ou immunothérapie spécifique, est actuellement une thérapeutique éprouvée et reconnue de tous au travers de méta analyses.

Elle repose sur des principes simples:

  • Une phase d'acoutumance, le principe date de Mithridate, où l'on progresse peu à peu en partant de 1000 fois en dessous de la dose d'allergènes normalement en contact pour arriver peu à peu (en général en trois à quatre mois pour les protocoles courants) à la dose d'entretien. Il ya du point de vue immunologique un effet de "sidération mastocytaire" qui ne réagissent alors pas à l'allergène.
  • Une phase d'entretien, en moyenne 3 à 5 ans, qui permet à l'organisme de développer selon les travaux: des anticorps "bloquants" (IgG) , des cellules tolérantes (lymphocytes T), des IgA bloquantes, d'inhiber la production d'anticorps de type E, de faciliter un switch des Th2 vers les Th1. Bref de ramener la réponse immune vers des voies de réaction plus classiques.

Dans tous les cas si l'on veut que cette désensibilisation soit efficace il faut en respecter les principes.

  • Indications:
    • responsabilité d'une hypersensibilité de type 1 certaine
    • responsabilité d'un allergène standardisé certaine
    • éviction de l'allergène impossible
    • inconvénients négligeables par rapport aux conséquences de la maladie allergique (asthme...)
    • accord et implication du patient (j'ai coutume de leur dire que la désensibilisation est "longue, pénible et contraignante").
    • mise en place de traitements médicamenteux préalables permetant un bon équilibre clinique préalable.
  • Causes d'échecs:
    • erreur dans le choix de l'allergène
    • erreurs dans la technique utilisée
    • erreurs dans les priorités de traitement
    • manque d'assiduité
  • Effets secondaires
    • locaux: fréquents, à type de "test cutané" au point de ponction, de "boule" durant quelques jours pour les extraits retard surtout.
    • syndromiques: asthme chez l'asthmatique, rhumes chez le rhinitique, conjonctivite, etc...
    • généraux: le choc anaphylactique même s'il est exceptionnel, justifie que l'injection soit faite sinon par un médecin du moins sous la responsabilité d'un médecin qui doit pouvoir justifier d'un traitement en urgence d'un choc anaphylactique (adrénaline et oxygène, médicalisation du transport à l'hôpital).

Ces précautions prises, la bonne marche et l'efficacité de la désensibilisation seront assurés. Il existe actuellement deux voies validées de désensibilisation:

  1. la voie injectable, sous cutanée profonde.
  2. la voie sub-linguale.

Cette deuxième voie présentée initialement pour les enfants et la plus contraignante et nécessite que le patient soit trés motivé (par exemple par l'idée même d'attendre deux heures dans la salle d'attente du médecin pour une "injection" ;-) ).

.[retour vers le haut]


Avertissement aux visiteurs : Aucune suite ne sera donnée aux messages demandant un diagnostic ou une conduite à tenir face à certains symptômes. En cas de problème, consulter un médecin est la seule attitude à adopter. Pour toute aide ou assistance complémentaire en cas de maladie grave et/ou rare, renseignez vous auprès de votre médecin et des associations de malades.



   http://allergie.remede.org | Nous Ecrire