Allergie

Dr Philippe Auriol

 
Traiter l'allergie, vivre allergique, la prise en charge de l'allergique et de ses allergies
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Les bases de l'immunologie

 

Les allergies correspondent à une utilisation inappropriée de réponses immunitaires physiologiques.

Grossièrement nous pouvons considérer que notre organisme est protégé de l'extérieur par d'un côté la peau, de l'autre les muqueuses. Ces deux interfaces sont notablement différentes et c'est pourquoi les maladies allergiques que l'on y retrouve s'expriment souvent de façon très différentes.

Pour qu'il y ait "allergie", il faut déjà avoir rompu cette barrière physiologique qu'est l'interface en question: peau ou muqueuse. C'est donc une rupture de l'immunité dite "passive". C'est important à comprendre car de la même façon: tout ce qui vise à rétablir cette immunité passive "traitera" les signes cliniques de la maladie allergique.

Comme toute réaction immunitaire, les allergènes doivent dans un premier temps être identifiés par l'organisme comme des adversaires pour que celui-ci puisse mettre en place une réponse d'allergie. L'allergie est spécifique.

Les réactions d'allergie sont également appellées réactions d'hypersensibilité. Gell & Coombs ont tenté autrefois de les catégorier. Bien sûr cette classification est artificielle et les formes purement de type 1 ou 4 sont rares, bien souvent l'intrication des mécanismes est la règle quoiqu'il en soit. Ces réactions sont donc catégoriées en:

  1. Réactions immédiates
  2. Réactions cytotoxiques
  3. Réactions à immuns complexes
  4. Réactions retardées

Les plus fréquemment observées en terme de maladies allergiques sont les immédiates et les retardées. Les autres formes sont très certainement sous estimées.

Nous détaillerons donc ici plus particulièrement les formes immédiates et retardées d'hypersensibilité.

L'allergie immédiate fait appel à une réponse qui de façon physiologique nous permet de lutter contre les parasitoses et également dans certains cancers. Cette réponse est liée aux anticorps de type E.

  • Premier contact: l'allergène (par exemple les débris de l'acarien) entre en contact avec le système immunitaire(cellules présentatrices d'antigène). Celui-ci, du fait de circonstances particulières (cf profils Th1/Th2) décide de fabriquer des anticorps de type E pour les séquences protéiques qu'il a rencontré. Ceci se traduit par une production d'anticorps de type E qui sont alors répartis dans tout l'organisme par la circulation sanguine et se fixent là où ils trouvents des récepteurs adaptés (RFce ) soit essentiellement les mastocytes cutanés et muqueux et les basophiles (circulants). C'est la phase de sensibilisation.
  • Deuxième contact: l'allergène est en contact avec les cellules porteuses d'anticorps de type E sur leur membranes. Ce contact active ces cellules qui libèrent alors des substances extrêmement délétères et pro-inflammatoires. Ces substances ont également d'autres activitées non anodines: elles attirent les polynucléaires éosinophiles en masse dans le tissu lésé et les active, elles entrainent une favorisation des réponses de type allergique auprès des cellules présentatrices d'antigènes.

L'allergie immédiate est d'un mécanisme redoutable car sa mise en oeuvre favorise son entretien. De nombreux auteurs estiment acctuellement qu'elle s'auto-amplifie ce qui expliquerait l'augmentation en fréquence des polysensibilisés.

L'allergie retardée fait appel à une réponse cellulaire, elle ne repose nullement sur les anticorps. Elle est essentiellement décrite pour l'eczéma, la voici décrite brièvement:

  • Premier contact: Une substance se fixe aux cellules de la peau (kératinocytes, cellule de langherans ou macrophage...). La cellule de Langherans qui a reconnu l'allergène migre alors vers les ganglions satellites où elle présente l'allergène aux autres cellules (lymphocytes). C'est ici que l'organisme décidera du sort à donner à l'adversaire... Si l'allergie est retenue les lymphocytes mémoires vont venir peupler les différents ganglions de l'organisme passant alors au stade de veille et circulant de ganglion en ganglion.
  • Deuxième contact: La substance se fixe à nouveau sur les kératinocytes (ou CL ou macrophage). Ceux-ci appellent à nouveau les lymphocytes circulant (Rantes). Un lymphocyte mémoire de l'allergène concerné le reconnait, il migre alors à l'intérieur de la peau et tente de détruire l'adversaire en créant des lésions vésiculeuses intradermiques. Les lymphocytes spécifiques et aspécifiques affluent en masse sur le lieu de l'allergie créant d'importantes lésions en général en 48h à 72h. D'où le nom d'allergie retardée.

Bien entendu ceci n'est que le prélude à d'autres allergies là aussi...

L'immunité passive est lésée, les cellules présentatrices activées, le contact avec l'environnement intense.

Bref toutes les conditions sont réunies pour que d'autres sensibilisations se fassent et entretiennent l'allergie.

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